Louis-Serge REAL DEL SARTE : le maestro des réseaux sociaux

 

C’est un réel plaisir pour Kovalys Connect de t’interviewer ! Tu es une source d’inspiration pour les entrepreneurs ! Tu as un sacré parcours ! Tu peux nous faire un résumé de ce que tu as entrepris au cours de ta carrière ?

« Je veux bien faire un résumé de ma carrière, je vais être synthétique parce qu’il y aurai beaucoup de choses à dire. Je dirai qu’il y a eu plusieurs phases. Une où je me suis recherché en faisant différents jobs dans l’immobilier, la grande distribution, la publicité et même G.O Clubmed. Il y a eu aussi 20 ans de cours du soir pour essayer d’obtenir un diplôme autre que le Baccalauréat puisque j’ai arrêté à 40 ans un diplôme d’ingénieur financier.

Après il y a eu une phase banque qui a duré une vingtaine d’années. Puis on m’a commandé un livre sur les réseaux sociaux en 2008, que j’ai écris en 2009 et qui est sorti l’année suivante. J’ai quitté la finance pour rejoindre l’EBS [NDLR : European Business School] comme professeur par la petite porte parce que quand on a un salaire à 7 chiffres, qu’on a été patron d’une salle de marché et qu’on se retrouve tout d’un coup à rechercher des missions et en auto-entrepreneur, ce n’est pas évident. Cela va faire 10 ans que je suis pleinement dans le digital  et les réseaux sociaux suite à la sortie de mon ouvrage et aux 400 conférences faites depuis. »

 

Actuellement tu es l’un des piliers dans ton domaine, on peut dire que tu connais le fonctionnement des réseaux sociaux comme ta poche. Tu es le fondateur de YLFLY, une société spécialisée dans la mise en place de stratégies digitales et dans la résolution des problèmes liés aux réseaux sociaux, aussi bien pour des grands groupes que pour des PME. Peux-tu nous en dire plus sur les services que tu offres ?

« Oui. D’ailleurs on a retiré du logo d’YLFLY la stratégie digitale en bannière puisqu’il y a deux métiers. Celui de Marie-Noëlle Real Del Sarte qui est coach, qui a toutes les habilitations et qui s´occupe de manager les entreprises. On lui demande de faire du coaching et de l’accompagnement de dirigeants. 

Puis il y a la partie digitale qui consiste à aider les TPE, PME, ETI ou grands groupes, à transformer leurs groupes pour prendre le virage digital; et les réseaux sociaux c’est la petite porte que l’on voit, qui s’exprime et qui permet aux salariés de devenir les ambassadeurs naturels de leurs groupes. »

 

Tu dis que ta société a été créée par obligation suite au dépassement du plafond de ton contrat auto-entrepreneur dans ton ancienne société. Peux-tu nous expliquer concrètement ce qu’il s’est passé ?

J’ai fait de nombreuses conférences et au-delà d’un certain nombre de conférences on vous dit que vous ne pouvez plus facturer sans faire de TVA donc du jour au lendemain quand on est pas prêt et qu’on ne le sait pas, il faut préparer l’avenir en créant une société.

A l’époque j’étais auto-entrepreneur avec Easynetwork puisque j’ai fait de la mise en relation, j’étais ambassadeur Viadeo donc j’étais dans le Networking. J’ai du abandonné le nom d’Easynetwork parce que j’avais été attaqué par Easynet qui considérait que je lui faisais de l’ombre, j’avais donc fait un contrat avec leurs avocats. Je me suis dis que c’était un peu dommage de débuter une nouvelle activité en SARL avec un nom qui est déjà  amputé de tout ce qu’il y a d’informatique, de webmastering…

C’est ainsi que j’ai trouvé un nouveau nom YLFLY, qui est un palindrome, qui ne voulait rien dire. C’était le seul mot parmi certains au monde où quand on cliquait sur Google, on n’avait aucune page. Après il fallait trouver des significations aux lettres (You Lead a Future Like You). »

 

Tout le monde aimerait avoir sa propre entreprise, travailler pour soi. D’après toi est-ce qu’il est nécessaire de trouver LA bonne idée pour se lancer dans l’entrepreneuriat et réussir ?

« Je ne pense pas. D’abord la bonne idée on ne sait jamais laquelle c’est avant de l’avoir mise en application. Je pense plutôt, pour être tout à fait modeste, que si on a une spécificité dès lors qu’on vous demande de faire des conférences, ce qui était mon cas à ce moment là, c’est peut-être que vous avez des choses à raconter. Ces choses vous pouvez donc peut-être les enseigner aux entreprises et les accompagner. Si vous êtes bon dans un domaine, beaucoup d’entreprises seront friandes de vos conseils; et ces conseils peuvent se monnayer.

La seule erreur à ne pas faire serait de les monnayer de façon trop faible parce que si vous ne facturez pas suffisamment fortement, ce qui n’a pas été mon cas dès le départ, on se retrouve à ne pas pouvoir se payer, du moins très faiblement. 

Il faut savoir facturer. Ayant été accompagné par un coach et eux-mêmes vous le diront, la valeur de votre travail doit se traduire par une facture correspondante. »

 

Qu’est-ce qu’une bonne stratégie digitale ?

« Tout dépend si vous êtes en B2B ou B2C, si vous vous adressez à un public global ou un public que vous pouvez cibler.

Il faut d’abord enrober le ciblage qualitatif que l’on cherche parce qu’à chaque fois que quelqu’un veut faire une stratégie digitale c’est pour atteindre des personnes.

 

Pour cela il faut trois phases. La première, on doit se mettre quelque part pour communiquer. D’une part on a Linkedin pour être sur un réseau professionnel, Facebook pour réseau personnel, Twitter pour réseau de communication des médias, YouTube si on a des vidéos, Instagram si on a un public jeune, sans oublier Google Plus pour le référencement naturel.

La deuxième, sur chaque espace on doit gagner des contacts. Si sur Twitter vous faites  cinq publications par jour et que vous n’avez personne qui vous écoutent ça ne sert à rien. 

La troisième phase c’est de déterminer la ligne éditoriale. Qu’est-ce qu’on va leur dire ? À qui on s’adresse ? Quel est le message que l’on veut faire passer ?  La troisième est en fait consécutive de la deuxième.

 

La stratégie digitale va permettre de définir une notoriété, d’installer un ranking sur Google, puis permettre à tous ceux qui travaillent dans votre société, s’ils sont nombreux c’est mieux, de devenir des ambassadeurs naturels et de relayer votre information que vous allez porter à la connaissance du public qui vous écoute sur chaque espace. »

 

Il y a encore des entreprises qui n’adhèrent pas aux réseaux sociaux. Est-ce qu’il est indispensable aujourd’hui pour une entreprise de les utiliser ? Et quels sont tes meilleurs arguments pour les entreprises qui seraient justement réticentes à l’utilisation des réseaux ?

 « Le tissu français ce n’est pas que les membres du CAC ou les géants qu’on connaît. C’est surtout 90% de TPE donc de petites entreprises. Si vous prenez un artisan, un serrurier, un coiffeur ou ces métiers de bouche, ils ne vont pas avoir le temps d’aller sur les réseaux sociaux pour dire ici la boucherie chevaline etc.. (rires)

Alors oui on a encore un grand tissu français de personnes qui ne sont pas formés et qui ne sont pas sur les réseaux sociaux du fait de leur infrastructure légère.

 

Maintenant sur les PME, les ETI et les grands groupes, je pense qu’ils ont tous pris le virage digital, ils ont compris qu’on est dans un long recul en arrière, une innovation et qu’il faut prendre ce virage. Il en ont conscience mais ils ne veulent pas faire n’importe comment donc ils y vont à pas feutrés. On est un petit peu en retard en France là-dessus. Donc ce qui compte c’est de prendre ce virage digital. On se retrouve au même processus des années 90 où on se demandait s’il fallait un site internet. Je pense qu’en 2019, on rentrera dans une année où on ne se posera plus la question. »

 

Est-ce qu’on peut considérer qu’aujourd’hui les réseaux sociaux sont le canal de communication le plus efficace pour une entreprise ?

 « Pas forcément. C’est un véhicule de communication. Ce qui est le plus efficace ce sont les vidéos. Si cette vidéo fait 20 secondes c’est très efficace, si elle fait 20 minutes il n’y en a pas beaucoup qui vont au bout.

C’est le support qui prime, l’image. J’ai fais un mémoire sur l’image et je vois encore des personnes véhiculer des messages sans images alors que l’image va plus loin que le message. Je dirai que les réseaux sociaux ne vont pas remplacer la publicité traditionnelle, il ne faut pas y mettre tout son argent. C’est simplement aujourd’hui un moyen inéluctable. On ne peut plus éviter que cela va aider en terme de stratégie complémentaire à associer à la fois la communication de la société, du groupe de l’entreprise et à la fois, permettre à tous ceux qui travaillent pour vous, vos salariés, vos clients de s’y associer, ce qui est assez nouveau. »

J’ai aussi pu voir que tu avais l’étiquette d’éditeur. Tu as déjà écris un ouvrage en 2010 « les réseaux sociaux sur internet ». Au vu de l’évolution rapide et perpétuelle des réseaux sociaux à ce jour, comptes-tu en écrire un autre ?

« Je n’ai pas la réponse. Je dirais que ça m’a pris tellement de temps d’écrire ce livre qui est un double livre de 500 pages dont une partie qui expliquait l’univers des réseaux sociaux, les réseaux classiques, les stratégies digitales, les community management. J’aurais tendance à dire que je ne réécrirai pas un deuxième ouvrage d’une telle puissance puisque ça m’a pris un an d’écriture. Sauf si on me demande de faire un livre à écrire à plusieurs comme certains le font et que j’apporte ma patte. Souvent je fais des commentaires ou des articles pour certains qui écrivent des livres. »

 

En tant qu’expert, quelle est ta vision concernant l’évolution des réseaux sociaux dans 5 ans ?

« Je ne sais pas (rires). Je dirais qu’ils seront beaucoup plus interactifs. La réalité augmentée fera un changement magistral, on parle beaucoup d’intelligence artificielle mais ça sera des outils qu’on aura à disposition. Ce qui est une évidence c’est qu’on pourra se déplacer avec son iPhone par rapport à un réseau social qui aura repéré par les cookies, les mots clés, vos besoins, vous signalant que vous êtes devant tel coiffeur, qu’il restera tant de places dans ce restaurant.. On va s’attendre à une révolution de ce type, on ne produira plus de voitures sauf d’un trajet domicile à un certain endroit mais je dirai qu’on va vivre une période assez fantastique d’automatisation. Certains vont souffrir car il y aura des pans entiers de notre économie qui vont disparaître par manque de valeur ajoutée. Ce qu’il faut savoir c’est d’être créatif, si vous avez une expertise packagez-la, proposez-la et vendez-la ! »

Et pour finir, tu animes un atelier Kovalys Connect le 23 mai sur le thème « comment vous rendre visible et booster votre activité à l’aide des réseaux sociaux », que dirais-tu à un entrepreneur qui se demande pourquoi assister à cette formation ?

« Cela s’adresse surtout à ceux qui n’ont pas une vision complète des réseaux sociaux, de ce que ça peut apporter. A titre d’exemple, je ne prospecte pas. Je ne passe pas mon temps à essayer de convaincre des personnes à travailler pour moi, en fait les clients viennent tout seuls. Je vais rétablir les bases pour donner les armes à quelqu’un qui aurait monté sa structure en se disant où est-ce que j’ai intérêt à mettre mon argent, comment grandir sur Twitter. Le quantitatif permet de gagner le qualitatif et ça c’est des choses que j’expliquerai. Plus vous serez nombreux, plus je serai heureux de vous donnez tous ces tuyaux. »

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